Une étude de grande envergure confirme une relation de causalité entre temps d’écran et déficit cognitif.

C’est un reproche régulièrement avancé pour critiquer les études sur les temps d’écran : on retrouve des corrélations mais ceci ne veut pas dire qu’il y a causalité.  C’est vrai. On peut toujours craindre le « troisième homme » : c’est-à-dire un troisième facteur causal « autre » qui agirait sur les deux premiers éléments étudiés en même temps et qui expliquerait la corrélation entre eux sans aucune causalité. Pour la corrélation entre temps d’écran et déficit cognitif, les éléments tels que le niveau social des parents, le niveau d’étude ou tout autre facteur familial pourraient être ce « troisième facteur » mais il est à chaque fois inclus dans l’analyse statistique et donc exclu de ce risque ; un autre facteur nous échapperait ? Possible mais lequel ?

Cette étude toute récente publiée dans la célèbre revue américaine « JAMA pediatrics » va plus loin en utilisant un procédé statistique qui différencie les effets des temps d’ écrans sur le développement cognitif et les effets du niveau cognitif sur les temps d’écran.

Les auteurs réalisent pour cela une étude longitudinale sur plusieurs années avec une cohorte néonatale canadienne de 2441 enfants ;

Trois évaluations  sont effectuées à 24 mois, 36 mois et 60 mois.

L’évaluation des performances cognitives est réalisé par un test rempli par les parents ASQ-3 (dont une version a été traduite en français : un exemple 24 mois ci-joint). L’analyse des autres facteurs de confusion habituels : dépression maternelle, niveau socio-économique des parents, mode de garde en crèche est réalisé.

L’étude retrouve des temps d’écran très élevés : 17 heures par semaine à deux ans (moyenne avec une mediane à 15 heures) ; 25 heures par semaine à 36 mois mais 11 heures à 60 mois.

Mais surtout une corrélation négative entre temps d’écran à 24 mois et test cognitif à 36 mois et une corrélation négative entre temps d’écran à 36 mois et test cognitif à 60 mois. (cf illustration ci jointe) : quand le temps d’écran est élevé lors de la première évaluation, le test cognitif se révèle plus mauvais lors de la seconde évaluation.

A l’inverse pas de corrélation entre test cognitif à 24 mois et temps d’écran à 36 mois et test cognitif à 36 mois et temps d’écran à 60 mois. L’analyse statistique est en faveur d’une relation causale du temps d’écran sur les performances cognitives : c’est la première étude en ce genre .